effets d'affects

Ensemble de six photographies, tirages pigmentaires, 40 x 60 cm, 2023-2026.
Variations in situ, contrecollages muraux, tirages pigmentaires, dimensions variables, CCC OD 2026.
Coproduction CCC OD – Prix MTE / Avec le soutien du Cnap 

sens de lecture >

Effets d’affects se compose de bribes corporelles dont les parts manquantes – fragmentation structurelle ou hors-champ – induisent un vacillement du réel. Formant des paires, ces binômes d’images fonctionnent littéralement « en regard » l’une de l’autre, induisant une forme de réciprocité, s’affectant mutuellement.

Cet ensemble de photographies est issu d’un travail de recherche et d’immersion au sein de différents conservatoires d’anatomie d’Europe1, rassemblant des collections de céroplasties.
Comme des fenêtres subjectives, Effets d’affects emprunte à différents registres de cire : anatomiques, obstétriques, ou pathologiques, en y prélevant des focus. Ce mode opératoire, consistant à isoler certaines formes pour les exacerber, induit un désordre contextuel, une perte de repère qui érafle l’image d’une objectivité scientifique prétendument neutre. Car ce ne sont pas les organes qui s’offrent aux regards, mais leurs atours : la main volante d’un médecin en chemise qui contraint une cheville, le collier de perles d’une Vénus qui redouble le cisèlement de ses poumons, la poignée qui confond une cuisse en tiroir, autant de détails qui dérogent à l’aspect réaliste d’une chirurgie.

Surface sensible, la photographie fonctionne ici comme un outil dépourvu de neutralité, elle invite les ressentis, convoite les émois. Dans chaque duo d’images se loge la présence d’un œil qu’on imagine effaré, dévasté, mélancolique ou désolé, devant une scène qui ne laisse pas indemne. Comme des images que l’on cherche à disséquer, Effets d’affects rappelle l’autopsie à son étymologie et invite à « voir de ses propres yeux. »2

 

Le Conservatoire d’anatomie de l’Université de Montpellier (FR), l’Université de médecine de Bologne (IT), le Musée des cires anatomiques Clemente Susini de Cagliari (IT), la Specola – Musée d’histoire naturelle de Florence (IT), le MUSA – Musée Universitaire des Sciences et des Arts de Naples (IT), le Josephinum – Musée d’histoire de la médecine de Vienne (AT), le Musée de l’Homme de Paris (FR).
Hélène Giannecchini, Voir de ses propres yeux, Seuil, 2020, p.102.

Photographies réalisées avec le soutien et l’aimable autorisation :
Image 1 : MUSA-Sistema Museale Universitario- Università della Campania Luigi Vanvitelli.
Image 2 : Josephinum – Ethics, Collections and History of Medicine, MedUni Vienna.
Images 3 – 4 – 6 : Conservatoire d’anatomie – Faculté de médecine de l’Université de Montpellier.
Image 5 : Photographic reproduction courtesy of the University of Cagliari / Museum  » Raccolta delle Cere Anatomiche di Clemente Susini  » – all rights reserved.

Vues de l’exposition personnelle – Là où les organes oragentdans le cadre du Prix Biennal MTE, commissariat Marine Rochard, CCC OD – Centre de création contemporaine Olivier Debré, Tours.
Photographies : Philippe Piron / Laura Bottereau & Marine Fiquet
Texte : Laura Bottereau & Marine Fiquet

Retour en haut