Là où je vais, c'est seulement pour t'écrire

10 textes (extrait), impressions numériques sur enveloppes. Dimensions variables, 2023-2026.
Coproduction CCC OD – Prix MTE / Avec le soutien du Cnap

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Il n’y a pas loin de quinze ans, nous nous sommes rencontrées avec des lettres. Depuis, nous n’avons jamais cessé de nous écrire. Comme un pacte pour ne rien oublier, nos archives amoureuses sont devenues, peu à peu, un outil pour réfléchir ensemble.

Ces dix fragments de correspondance sont tirés d’un projet de recherche-création intitulé Là où je vais, c’est seulement pour t’écrire, mené avec le soutien du Cnap. Entre 2023 et 2025, nous sommes allées à la rencontre d’un ensemble de représentations dont les repères mimétiques rejouent les normes et interrogent les regards : corps cireux et fragmentables des Vénus anatomiques, corps incorruptibles, ex-voto anatomiques et dioramas religieux. Ce corpus, envisagé comme l’anatomie d’une généalogie, s’attache à l’étrange promiscuité de ces figures, à leur inertie commune et à la familiarité de leurs rapports de force.

Là où je vais, c’est seulement pour t’écrire propose un itinéraire corporel et textuel, où l’échange épistolaire intervient comme protocole de création : à chaque étape1 de déplacement, nous nous sommes écrit l’une à l’autre en nous donnant quelques règles : s’envoyer la vérité comme la fiction, faire les rencontres ensemble, puis se taire pour tout raconter dans une enveloppe, poster l’ensemble des lettres à notre adresse commune et ne les ouvrir qu’en rentrant de chaque destination.

Ces courriers font trace de ce qui d’ordinaire disparaît dans la conversation ; ils archivent et dilatent des récits que nous avons ensuite rassemblés, réadaptés et remaniés à deux.
Imprimés directement à la surface des enveloppes, les fragments sélectionnés ouvrent une zone d’intimité. Les lettres se rendent alors visibles tout en gardant la délicatesse d’un récit confié dans la réserve d’un pli. Ces extraits de correspondance composent une trame souterraine, l’ossature d’un dialogue qui irrigue nos œuvres. Mêlant souvenirs personnels et confidences fictives, les courriers laissent l’adresse en suspens ; on se demande alors si l’on écrit à l’une, à l’autre, ou à Vénus.

Le Conservatoire d’anatomie de l’Université de Montpellier (FR), l’Université de médecine de Bologne (IT), le Musée des cires anatomiques Clemente Susini de Cagliari (IT), la Specola – Musée d’histoire naturelle de Florence (IT), le MUSA – Musée Universitaire des Sciences et des Arts de Naples (IT), le Josephinum – Musée d’histoire de la médecine de Vienne (AT), le Musée de l’Homme de Paris (FR).

Vues de l’exposition personnelle – Là où les organes oragentdans le cadre du Prix Biennal MTE, commissariat Marine Rochard, CCC OD – Centre de création contemporaine Olivier Debré, Tours.
Photographies : Laura Bottereau & Marine Fiquet
Texte : Laura Bottereau & Marine Fiquet

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