bénodet, été 94
Installation, agitateurs de boisson, résine époxy, colorants, dimensions variables, 2026.
Coproduction CCC OD – Prix MTE
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Bénodet, été 94 reprend les contours d’un souvenir de sirop à l’eau où se mélangent fantasme et coercition. Comme des objets et des situations de peu d’importance, quatre semblants de boisson se disséminent dans l’espace d’exposition, au hasard des regards.
Figé, résiné, l’aspect liquide nous leurre. Comme un raccourci, le verre est manquant, synthétisé. Les grenadines, dans leurs variations chromatiques, appellent des sensations moites, saturées d’humeurs et de fluides corporels. Dans leur creux se glissent des agitateurs à cocktail. Ces touillettes dessinent la silhouette standardisée de Vénus1 sortant des eaux. Objectivées, elles remuent des boissons que l’on porte à nos lèvres, hameçonnant l’idée de corps consommables. Les substances translucides agissent alors comme des surfaces spéculaires, des miroirs déformants qui réveillent désirs et malaises.
Bénodet, été 94 active une sucrosité apparente qui se dissout dans la violence latente d’un geste supposé banal mais révélateur. L’une des touillettes plastique a été renversée, la tête en bas, immergée : Vénus semble se noyer.
1 Les Vénus anatomiques en cire (XVIIIe et XIXe siècles) sont représentées dans cette même position : nues, allongées, bras repliés sous la tête.
Vues de l’exposition personnelle – Là où les organes oragent – dans le cadre du Prix Biennal MTE, commissariat Marine Rochard, CCC OD – Centre de création contemporaine Olivier Debré, Tours.
Photographies : Philippe Piron / Laura Bottereau & Marine Fiquet
Texte : Laura Bottereau & Marine Fiquet